Selon la Banque de France, moins de 50 % des particuliers auraient renégocié leur prêt immobilier lors du mois d’avril 2017. Quelles sont les pratiques mises en place par les établissements bancaires pour dissuader leur clientèle d’avoir recours à la renégociation de crédit immobilier ?

Mercredi 21 juin, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a publié son étude « Renégociation de crédit immobilier : les pièges des banques contre les consommateurs ». Selon cette dernière, les établissements font parfois preuve de pratiques douteuses dans le but de décourager leurs clients dans cette démarche.

Tout d’abord, les banques auraient tendance à particulièrement prendre leur temps avant de s’occuper d’une renégociation. En effet, le temps jouant en leur faveur, il n’est pas rare que l’envoi du décompte de remboursement anticipé, document nécessaire au rachat de crédit, prennent plusieurs mois. En gardant ainsi captifs leurs consommateurs, elles savent que le passage à la concurrence devient moins rentable, et espèrent garder leur clientèle.

En outre, il arrive fréquemment de devoir s’acquitter de sommes non prévues par la loi. En effet, certains établissements bancaires multiplient les frais annexes afin de dissuader leur clientèle de faire racheter leur prêt, ou de le renégocier. Une pratique d’autant plus inadmissible que la loi encadre le montant de l’indemnité de remboursement anticipé, qui ne peut dépasser 3 % du capital restant dû. Les frais d’avenant, qui ont progressé de 18 à 24 % entre 2012 et 2017, rendent souvent la renégociation de crédit immobilier nettement moins intéressante pour le client.

Parfois, les consommateurs se voient dans l’obligation de souscrire à des produits bancaires accessoires, tels qu’une assurance habitation, ou encore une nouvelle carte de crédit, avant de pouvoir envisager la renégociation de crédit immobilier.

Enfin, il est courant que des erreurs de gestion viennent ralentir la procédure de renégociation. D’après l’étude, 10 % des litiges liés à la renégociation de crédit immobilier viennent de la facturation à multiples reprises d’une même prestation. Obligé de se battre pour payer ce qu’il doit réellement, le client peut être tenté d’abandonner ses démarches , devenues trop fastidieuses.

C’est pourquoi UFC-Que Choisir a décidé de saisir le superviseur des banques et la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, dans l’espoir de les voir procéder à des contrôles. En poussant les banques à respecter leurs obligations légales et contractuelles, l’association souhaite que les consommateurs puissent bénéficier pleinement de la baisse des taux.