Que vaut le comparateur de tarifs bancaires mis en ligne par le gouvernement début février ? Répond-il à une demande des Français ? Découvrez-le dans notre article.

Le 1er février, le gouvernement a lancé un nouveau service en ligne : tarifs-bancaires.gouv.fr, site gratuit permettant de comparer les tarifs de toutes les banques françaises. Cet outil s’inscrit dans une série de mesures gouvernementales, entrées en vigueur le 1er janvier, visant à favoriser le consommateur. Ce comparateur vient en outre répondre à la directive européenne de juillet 2014, qui obligeait chaque État à mettre en place un outil de ce type.

A première vue, le site mis en place par le gouvernement semble plutôt intéressant : le service, indépendant et gratuit, préserve la vie privée, et il s’agit du comparateur le plus exhaustif quant au nombre de banques prises en compte. Toutefois, il l’est beaucoup moins quand on s’intéresse à la quantité de tarifs bancaires comparés : alors que les banques peuvent proposer des grilles de tarification comptant parfois jusqu’à 300 lignes différentes, le site ne permet de faire la comparaison qu’entre 15 services, censés être les plus utilisés par un consommateur lambda. Ce faisant, il ne prend pas en compte les « packs » proposés par la plupart des banques, et auxquels la majorité des Français souscrit.

Au sein de l’Union européenne, la France constitue une sorte d’exception en ce qui concerne le rapport aux banques de ses habitants. Sur les 79 millions de détenteurs de comptes, seuls 3 à 4 % changeraient chaque année d’établissement. Un chiffre ridiculement bas si on compare avec les taux équivalents dans l’assurance ou la téléphonie, cinq fois plus importants. Beaucoup de consommateurs se sentent liés à leur banque, car ils ont contracté auprès de celle-ci une assurance-vie ou un prêt immobilier, fastidieux à transférer vers un autre organisme.

Toutefois, dès février 2017, quand une prochaine disposition de la loi Macron entrera en vigueur, obligeant les banques à mettre en place un service amélioré d’aide à la mobilité bancaire, ces dernières pourraient devenir plus concurrentielles et faire davantage d’efforts sur leurs tarifs, pour s’adapter à ce probable regain de mobilité des consommateurs. Toutefois, contrairement à la téléphonie, il ne sera certainement pas possible de conserver à vie un même numéro de compte.